Des phrases surgissent parfois au détour d’un tableau, d’un rêve, d’un voyage, ou dans l’écoute attentive d’un corps en atelier.
Ces textes sont des souffles, des esquisses, des éclats d’images intérieures. Ils ne cherchent pas à expliquer mais à accompagner, à révéler autrement.
Écriture et peinture avancent ici côte à côte, sans hiérarchie.
Parfois liées à une œuvre précise, parfois indépendantes, ces fragments poétiques prolongent ma recherche sur le sensible, la présence et le silence.
Ils témoignent d’un regard porté sur le monde — à la fois intime et poreux.
Sometimes, words surface alongside a painting, a dream, a journey, or during a quiet moment in the studio.
These texts are breaths, sketches, fragments of inner imagery. They are not meant to explain, but rather to accompany — to reveal in another way.
Here, writing and painting walk side by side, without hierarchy.
Whether connected to a specific artwork or standing on their own, these poetic fragments extend my exploration of presence, perception and stillness.
They reflect a way of seeing the world — both intimate and porous.

Viens * Collection « Passages »
Viens. Viens à moi, tout près, si près. Viens avec moi parcourir le monde, arpenter les routes, cheminer sous les eaux chevaucher les vagues, les roches et les nuages. Viens contre moi écouter la pluie, ressentir le vent et la joie dans les feuillages, les murmures du vent. Viens mêler ton souffle au mien, déposer ton cou sur mon épaule, dans le soir qui s’avance, dans l’or des aurores ou des crépuscules, respirer et goûter la couleur des fleurs et des mangues. Viens caresser les étoffes et les arbres, les ruisseaux et les songes. Viens, je te raconterai les enfances qui laissent sur la peau l’empreinte de l’ailleurs, celle dont on ne se défait jamais.
Come to me. Come to me, so close, so very close. Come with me through the world, along the roads, under the waters, over waves, rocks and clouds. Come and listen to the rain, feel the wind and the joy in the foliage, the whispers of the wind. Come and mingle your breath with mine, lay your neck on my shoulder, in the evening as it advances, in the gold of aurora or twilight, breathe and taste the color of flowers and mangoes. Come and caress fabrics and trees, streams and dreams. Come, I’ll tell you about childhoods that leave an imprint on the skin, one that can never be discarded.

Traverser * Collection « Passages »
Traverser cette terre, cette lande, cette rivière, cette émotion, cette rencontre. Traverser même si, le vent, le temps et les scintillements, les gouffres et les coins sombres. Ne pas regarder, lever la tête, avoir cette foi en soi, en l’éternité. Traverser nos émois et nos doutes. Traverser l’amitié, l’amour et ses vagues. Se laisser porter malgré soi, malgré nos hésitations. Car tous nos désirs se trouve de l’autre côté, de l’autre côté de nos peurs et nos questionnements. S’approcher un peu mieux, conquérir et s’exalter. Frissons.
To cross this land, this moor, this river, this emotion, this encounter. To cross even if, wind, time and glitter, chasms and dark corners. Not to look, to look up, to have faith in ourselves, in eternity. Through our emotions and doubts. Through friendship, love and its waves. Letting ourselves be carried along, despite our hesitations. Because all our desires lie on the other side, on the other side of our fears and questions. Getting a little closer, conquering and exhilarating. Chills.

Série »Prendre Racines » * Collection « Fenua »
Prendre Racines, des racines au pluriel. Métaphore de nos attachements, ce qui nous constitue et à la fois nous protège, nous ancre, nous aligne et nous stabilise. Comme la sève d’un arbre parcourant ses nervures, nos attachements nous nourrissent, nous enrichissent, sont comme des petits cocons dans lesquels se lover. Mais comme la graine, puis l’arbre, il va nous falloir grandir, nous déplier, explorer le monde, l’espace environnant, en respirer l’air, en gouter les saveurs, en toucher les textures. Mais sans jamais oublier d’où l’on vient, d’où l’on nait, d’où la vie nous a cueillis, nourris, entourés et portés.
Take Roots, roots in the plural. A metaphor for our attachments, the things that make us up and at the same time protect, anchor, align and stabilize us. Like a tree’s sap running through its veins, our attachments nourish and enrich us, like little cocoons in which to curl up. But like the seed, then the tree, we’re going to have to grow, unfold, explore the world, the surrounding space, breathe the air, taste the flavors, touch the textures. But never forgetting where we come from, where we were born, where life picked us up, nurtured us, surrounded us and carried us.

Les joyaux * Collection Fenua
Il est des lieux, des temps, des souvenirs, qui nous habitent, recouvrent notre peau sensible , comme un tatouage, une empreinte indélébile. Des trésors de l’enfance qui nous portent au-delà des mers, au-delà du temps. Des moments de douceur, comme des flocons de laine qui virevoltent en nous et autour de nous, nous portent vers un avenir précieux, nous ferment les yeux comme dans un songe qui n’en finirait pas de défiler sous nos paupières, que l’on tente chaque jour de poursuivre, de vivre. Il est des joyaux qui sont en nous pour toujours, que l’on partage et que l’on serre, au fil de nos rencontres, au fil de nos cheminements.
There are places, times and memories that inhabit us our sensitive skin, like a tattoo, an indelible imprint. They are childhood treasures that carry us beyond the seas, beyond time. Moments softness, like flakes of wool that twirl within us and around us, carrying us towards a precious future, closing our eyes as if in a never-ending our eyes as if in a dream that never ceases to unfold beneath our eyelids, to continue, to live. There are jewels that are inside us forever, that we share that we share and clutch as we meet, as we travel.

La source * Collection Fenua
Retourner à la source, là où l’on sent intimement que l’on a commencé à se déployer, où tout a vraiment éclos. Dans ce lieu de l’avant, ce lieu de l’enfance chargé de souvenirs, de parfums, de paysages. Comment y revenir en pensée, aussi souvent que nécessaire, pour se re-sourcer, s’abreuver aux douceurs que l’on y a connues, aux rencontres que l’on y a faites, aux passages que l’on y a explorés. C’est comme un cocon, à la fois au plus profond de sa mémoire et dans un espace décalé, que l’on peut rejoindre aussi souvent que l’on désire.
To return to the source, where we feel that we have begun to unfold, where everything has really blossomed. In this place of the past, this place of childhood full of memories, scents and landscapes. How can we return there in our thoughts, as often as necessary, to recharge our batteries, to drink in the pleasures we experienced there, the encounters we made there, the passages we explored there. It’s like a cocoon, both in the depths of your memory and in an offbeat space that you can return to as often as you like.

Série Imsouane * Collection « Vagues à l’âme »
Une après session dans les paysages bleus et dorés marocains, une fin d’après-midi dans cette baie magique qu’est Imsouane. Passion longboard. Glisser sur l’eau, suivre la vague, puis se poser, regarder l’océan, ou fermer les yeux, dans un entre deux meditatif. Se refaire dans sa tête le film des rides, se voir dans le flow aquatique, en suivre l’énergie dans sa tête. Se connecter au paysage majestueux, aux roches aux tons chauds et scintillants, et aux camaïeux de bleus et verts. Un moment de pause, un état intermédiaire de joie et de sérénité, de recueillement.
An afternoon in the golden blue Moroccan landscape, a late afternoon in the magical bay of Imsouane. Longboard passion. Gliding across the water, following the wave, then settling back, looking out at the ocean, or closing your eyes, in a meditative in-between moment. Replay in your head the film of the ripples, see yourself in the aquatic flow, follow the energy in your head. Connect with the majestic landscape, with its warm, sparkling rocks and shades of blue and green. A moment of pause, an intermediary state of joy and serenity, of contemplation.

La baie * Collection « Vagues à l’âme »
Cette baie d’Imsouane est l’un des lieux les plus surprenant que j’ai pu explorer lors de mes voyages pour découvrir de nouvelles vagues à surfer. Elle est comme un espace immense à ciel ouvert, enchâssé dans des montagnes hautes et imposantes. La couleur de la roche y prend des tons très doux jaunes oranger, virant au doré lorsque le soleil s’y couche. Les étoiles y scintillent dans ce cirque magique. La première fois que j’y suis allée, je l’ai découverte au coucher du soleil, suivant le flow de cette vague infinie traversant les deux parties de la baie. C’était un moment de pure transcendance, dans le silence du soir étoilé, avec comme seul son le bruit du muezzin au loin. J’y suis retournée depuis, plusieurs fois, avec toujours autant de plaisir. Elle a bien changé, victime aujourd’hui de son succès, mais garde à mes yeux et à mon souvenir l’image envoutante de cette première session d’automne marocaine.
This bay of Imsouane is one of the most surprising places I’ve explored on my travels to discover new waves to surf. It’s like an immense open-air space, set in tall, imposing mountains. The color of the rock is a soft orange-yellow, turning golden as the sun sets. The stars twinkle in this magical circus. The first time I went there, I discovered it at sunset, following the flow of the infinite wave across both sides of the bay. It was a moment of pure transcendence, in the silence of the starry evening, with only the sound of the muezzin in the distance. I’ve been back several times since, with the same pleasure. Today, it’s a victim of its own success, but I still remember the bewitching image of that first Moroccan automn session.

Série Batik * Collection « Histoires d’eaux »
Bleus, tout en nuances. Le bleu du ciel, celui des anges, le bleu du batik, celui des îles. Le bleu à l’âme, qui nous porte et nous transporte. Le bleu des rois, le bleu turquoise, celui des pierres, le bleu cobalt, plus minéral. Bleu indigo, bleu de l’azur, éthéré. Se plonger dans les bleus, les coins de paradis, où la mer, si proche, comme un tatouage sur la peau, outre-mer, dans cet au-delà qui nous baigne et nous immerge dans les rêves de douceur, de calme et d’accomplissement.
Shades of blue. The blue of the sky, the blue of angels, the blue of batik, the blue of islands. The blue of the soul, that carries and transports us. The blue of kings, turquoise blue, the blue of stones, cobalt blue, more mineral. Indigo blue, azure blue, ethereal. Immerse yourself in the blues, the corners of paradise, where the sea is so close, like a tattoo on your skin, overseas, in that beyond which bathes us and immerses us in dreams of gentleness, calm and fulfillment.

Rêves d’Océan * Collection « Histoires d’Eaux »
Nos rêves d’océan, réminiscences de nos enfances, de nos jeux aquatiques. Souvenirs de ce bleu électrique, de tout l’or du soleil se reflétant sur la crête des vagues. De nos cheveux au vent assis au bord du ponton, les pieds dans l’eau, ou à la proue d’un bateau. De la douceur de vivre, les pieds nus, le sel sur la peau, des étoiles plein la tête. Fermer les yeux, et doucement se laisser bercer par le flow, par le bruit du ressac, comme une chanson émouvante, tous les sens en éveil.
Our dreams of the ocean, reminiscences of our childhoods, our water games. Memories of that electric blue, of all the sun’s gold reflected on the crest of the waves. Of our hair blowing in the wind as we sat on the edge of the pontoon, our feet in the water, or on the bow of a boat. Of the sweetness of life, barefoot, salt on our skin, stars in our heads. Close your eyes and let yourself be gently lulled by the flow, by the sound of the surf, like a moving song, all your senses awakened.

Plonger * Collection « Histoires d’Eaux »
Plonger dans l’inconnu comme l’on se jetterai dans une eau bleue, verte, turquoise, grise, aux nuances multiples, à la profondeur incertaine. Se jeter à l’eau, y aller une bonne fois pour toutes, sans peur, sans doutes, avec courage, passion, foi, persévérance, ténacité, motivation suprême. Agir, avancer malgré tout ce qui nous dirait de ne pas y aller, plonger quand même, au risque du meilleur, au risque de la nouveauté, au risque d’un accomplissement, désir ardent d’y trouver un peu de soi et le monde autour.
To dive into the unknown as one would dive into blue, green, turquoise or gray water, with its many shades and uncertain depths. Take the plunge, go for it once and for all, without fear, without doubt, with courage, passion, faith, perseverance, tenacity, supreme motivation. Acting, moving forward despite everything that tells us not to, diving in anyway, at the risk of the best, at the risk of novelty, at the risk of fulfillment, yearning to find a little of ourselves and the world around us.

Eaux troubles * Collection « Histoires d’Eaux »
Eviter les eaux troubles, celles où l’on se perd soi-même, ces espaces indéterminés où la survenue de l’autre ou de l’ailleurs nous éloigne de nous-même, de ce qui nous centre, nous met à l’équilibre, nous aligne avec ce qui est le plus précieux à nos yeux, à nos rêves. Voguer vers cet inconnu en soi et hors de soi le sourire aux lèvres, dans la confiance des lendemains, les deux pieds bien ancrés dans ce qui nous nourrit. Aimer cet autre, aimer cet ailleurs, dans ce qu’il a de plus stimulant, dans cet espace intermédiaire sans trop se pencher, sans perdre pied. Embrasser cet inconnu dans la force et le courage, la générosité.
Avoid troubled waters, those where we lose ourselves, those indeterminate spaces where the arrival of the other or elsewhere distances us from ourselves, from what centers us, brings us into balance, aligns us with what is most precious to us, to our dreams. Sailing towards the unknown inside and outside ourselves with a smile on our lips, confident of the future, both feet firmly planted in what nourishes us. Loving this other, loving this elsewhere, at its most stimulating, in this in-between space without leaning too far, without losing our footing. Embracing the unknown with strength, courage and generosity.

La plage * Collection « Histoires d’Eaux »
Une belle endormie, comme les appelait Kawabata. Cette femme s’est posée sur le sable, un jour de beau temps, il fait chaud. Elle s’est immédiatement assoupie et l’on imagine qu’elle est en train de rêver, sur cette plage. A quoi rêve-t-elle ? A qui ? Attend t-elle quelqu’un ? A-t-elle pris un bain de mer ? Elle est posée sur ce grand pareo, le corps complétement relâché, détendu, une main sur le ventre, sa chevelure étalée autour d’elle, sa lourde jupe repliée. Le moment est aussi calme que l’eau a l’horizon. On ne veut pas la déranger.
A sleeping beauty, as Kawabata called them. This woman is lying on the sand on a warm, sunny day. She immediately dozes off, and you can imagine that she’s dreaming on the beach. What is she dreaming about? Who is she dreaming of? Is she waiting for someone? Is she taking a dip in the sea? She’s resting on this large pareo, her body completely relaxed, one hand on her stomach, her hair spread out around her, her heavy skirt folded. The moment is as calm as the water on the horizon. We don’t want to disturb her.

Série « Paysages Intérieurs » * Collection « Immanence »
Nos paysages intérieurs, nos rêveries, nos utopies, nos désirs les plus anciens, les plus enfouis. Comme de l’eau qui coule, qui se répand lentement, se colore de ce qu’elle rencontre, se dilue parfois. Un espace rien qu’à nous, dans notre for intérieur, une bulle où tout devient possible, où tout est doux et chargé de nos souvenirs, tout un monde intime et invisible que l’on peut garder pour soi, toujours. Le cacher et le chérir à la fois, car il nous porte et nous emporte vers l’inconnu à venir …
Our inner landscapes, our daydreams, our utopias, our oldest, most buried desires. Like flowing water, spreading slowly, coloring itself with what it encounters, sometimes diluting itself. A space just for us, in our innermost being, a bubble where everything becomes possible, where everything is soft and charged with our memories, a whole intimate and invisible world that we can keep to ourselves, always. We can hide it and cherish it at the same time, because it carries us and carries us towards the unknown to come…

Promesse. Celle que l’on se fait enfant. Celle que l’on tient toute sa vie. Celle qui fait qui l’on est. Celle de ne jamais flancher, se trahir dans son essence la plus profonde, dans ses vœux les plus pieux. Celle de ne jamais céder sur ces désirs. Celle de se tenir là, tout près de la vie qui palpite, dans son intensité la plus pure. Celle de savoir dire non. Celle aussi d’apprendre à dire oui. Celle lorsque l’on est dans cet entre-deux, d’être toujours tourné vers ce qui appelle, ce qui élève, ce qui bouleverse par sa simplicité, sa joie, sa beauté.
A promise. The one you make as a child. The one you keep all your life. The one that makes us who we are. The promise never to waver, never to betray your deepest essence, your most pious wishes. It’s about never giving in on those desires. It’s about standing close to pulsating life in its purest intensity. To know how to say no. It’s also about learning to say yes. And when you’re in that in-between place, it’s about always turning towards that which calls, that which uplifts, that which overwhelms with its simplicity, its joy, its beauty.

Bascule * Collection « Immanence »
Le moment décisif, celui du basculement, celui du lâcher prise, ou l’on accepte de laisser de côté le contrôle que l’on tente coûte que coûte d’avoir sur les choses, sur les évènements. Celui où l’on a cette sensation étrange de flotter, d’allier équilibre et déséquilibre, dans une danse dont on ne mène rien, dont on ne peut rien. Mélange d’incertitude et de grand soulagement mêlés, où l’on s’autorise enfin cette compassion que l’on ne s’accorde jamais, qui ouvre sur un espace d’une infini douceur et d’une grande invention, fait de possibles et d’inespéré.
The decisive moment, the moment of change, the moment of letting go, when we agree to let go of the control we try at all costs to have over things, over events. It’s the moment when you have that strange sensation of floating, of combining balance and imbalance, in a dance in which you lead nothing, in which you can do nothing. A mixture of uncertainty and great relief, where we finally allow ourselves that compassion we never allow ourselves, which opens onto a space of infinite gentleness and great invention, made up of the possible and the unexpected.

Paysage * Collection « Immanence »
Le paysage comme réceptacle de nos géographies intimes, chaque lieu, chaque vallée, montagne, bords de mer qui nous ont construits, ont modelés nos souvenirs les plus chers. Ne sommes-nous pas humblement invités sur cette terre pour y déplier nos existences, en admiration continuelle, de ce que la beauté et la richesse de la nature nous offre, comme un lit dans lequel se lover, un cocon où s’épanouir, doux et sauvage à la fois, tourmenté ou serein, laissant apparaître au gré de nos errances des espaces à vivre, mêlés a nos mémoires. On a envie de s’y perdre comme de s’y poser, dans ces lieux qui nous ont marqués, tatoués quelques fois comme une empreinte indélébile qui fait ce que nous sommes, nos paysages intérieurs.
The landscape as a receptacle for our intimate geographies, each place, each valley, mountain, seashore that has built us, shaped our most cherished memories. Are we not humbly invited to this land to unfold our existences, in continual admiration of what the beauty and richness of nature offers us, like a bed in which to curl up, a cocoon in which to blossom, gentle and wild at once, tormented or serene, revealing spaces to live in as we wander, mingled with our memories. We want to lose ourselves in them as much as we want to land in them, in places that have left their mark on us, sometimes tattooed like an indelible imprint that makes us who we are, our inner landscapes.

Dérive * Collection « Immanence »
Se laisser emporter par le flux de la vie, par la géographie de tous ces chemins qui nous traversent. Se laisser porter par ce que les découvertes, les rencontres, l’inconnu, nous apportent, tissent autour de nous et en nous. Ne pas résister, ou alors si, résister à l’idée de contrôler les évènements, lâcher prise et suivre les méandres, l’écheveau qui se déroule autour de nous, porté par nos aspirations, nos désirs qui affleurent, au ras du courant. Être là, juste là, dans la vie, dans la naissance des choses, au cœur de ce qui s’écrit. A la dérive.
Let yourself be carried away by the flow of life, by the geography of all the paths that cross us. Let ourselves be carried along by what discoveries, encounters and the unknown bring us, weave around us and within us. Not resisting – or rather, resisting the idea of controlling events, letting go and following the meanders, the skein that unfolds around us, carried by our aspirations, our desires that emerge at the edge of the current. To be there, right there, in life, in the birth of things, at the heart of what is being written. Adrift.

Prendre feu * Collection « Immanence »
Prendre feu. Incandescence latente. Se défaire des scories et des cendres, brûler les démons, les ravages anciens. Se présenter nu face à la lueur qui en éclaire l’horizon, face au soleil qui point et accompagne la métamorphose. Y laisser plus que les plumes et les oripeaux, y laisser bien plus que les masques et les mots invisibles. Y perdre ce qu’il y a à défaire de la tunique trop lourde. Alléger la conscience, régénérer le souffle. C’est presque déjà là et la chaleur se fait sentir sur la peau comme sous un jour d’été. Y aller.
Catching fire. Latent incandescence. Getting rid of dross and ashes, burning away demons and ancient ravages. To stand naked before the light that illuminates the horizon, before the sun that points and accompanies the metamorphosis. To leave more than feathers and ornaments, more than masks and invisible words. To lose what there is to undo from the heavy tunic. Lighten the conscience, regenerate the breath. It’s almost here already, and the warmth can be felt on the skin like a summer’s day. Let’s get going.

Deva * Collection « Entrevoir »
Déesse indienne aux pieds nus que l’on imagine danser de manière aérienne, comme si tout son corps flottait dans l’air chaud et sombre de la nuit. Les plis du tissu de soie que l’on imagine lourd de son sari se meuvent dans son pas de danse, comme dans un mouvement lent et chaloupé. Contrastant avec la pénombre, l’or et le fuchsia des broderies de sa jupe scintillent. Il ne manque que le tintement de ses bracelets que l’on devine, le balancement de son corps agile et de sa longue chevelure que la toile nous laisser aussi imaginer. S’agit-il d’un bal ? D’une fête ? d’un moment de grâce dans son empressement à déambuler à la nuit tombée ? Vers qui se rend-elle ? Est-elle impatiente ou rêveuse ?
A barefoot Indian goddess who dances in the air, as if her whole body were floating in the warm, dark night air. The folds of the heavy silk fabric of her saree move with her dance steps, as if in a slow, swaying movement. Contrasting with the gloom, the gold and fuchsia embroidery on her skirt sparkles. All that’s missing is the tinkling of her bracelets, the swaying of her lithe body and her long hair, which the canvas also lets us imagine. Is it a ball? A party? A moment of grace in her eagerness to stroll at nightfall? Who is she walking towards? Is she impatient or dreamy?

Blanc * Collection « Entrevoir »
Blanc, la couleur de la pureté, de l’innocence. La couleur de l’amour et de l’union. Le ventre arrondit laissant présager une naissance prochaine, cette mère, ou future mère, s’efface avec douceur pour laisser cette vie prendre forme. C’est un moment suspendu de sa vie où elle ferme les yeux parfois en imaginant quel sera ce petit être qui fait déjà partie de sa chair, qui l’a déjà transformée, qui fait déjà naître en elle cet amour inconditionnel que rien ne peut remplacer, celui d’une mère, d’un père, pour son enfant. Dans ce blanc en dedans et alentours, une étole d’or ceint sa tête, la rend reine d’un royaume sans égal.
White, the color of purity and innocence. The color of love and union. With her rounded belly suggesting a forthcoming birth, this mother, or mother-to-be, gently steps aside to let this life take shape. It’s a suspended moment in her life, when she sometimes closes her eyes and imagines what this little being will be, a being that is already part of her flesh, that has already transformed her, that has already given birth to that unconditional love that nothing can replace, that of a mother, a father, for his child. In and around this white world, a golden stole girdles her head, making her queen of a kingdom without equal.

Le vent * Collection « Entrevoir »
Et si le vent pouvait balayer de nos vies tout ce qui nous encombre, ce qui est de trop, ce qui n’est plus bon pour nous, ce qui n’a plus sa place. Secouer nos vies comme l’on secoue un drap dans le vent chaud du soir. Nous débarrasser des poussières de l’existence, faire de la place, laisser partir ce qui doit s’en aller, sans regrets, sans tristesse, avec l’élan du renouveau, pour redémarrer quelque chose de neuf, d’excitant, qui nous reconnecte à notre plus profond désir. Celui sur lequel on ne cèdera pas, jamais.
What if the wind could sweep from our lives all that clutters us, that which is too much, that which is no longer good for us, that which no longer has a place. To shake out our lives like a sheet in the warm evening wind. To get rid of the dust of existence, to make room, to let go of what needs to go, without regrets, without sadness, with the impetus of renewal, to restart something new, exciting, that reconnects us to our deepest desire. The one we won’t give in on, ever.

Murmures * Collection « Entrevoir »
C’est un moment d’intimité dans une chambre aux murs rouge ardent, ou dans un lieu de bain. Une femme se déshabille, enlève son kimono de soie brodé, lentement, le laissant glisser dans le bas de son dos. Elle n’est pas seule. Elle suspend son geste, car elle perçoit derrière elle une conversation, des murmures, peut-être un secret y est dévoilé. Elle détourne légèrement la tête pour écouter. Elle a les yeux fermés, comme si cela l’aidait à mieux entendre, comme si elle pouvait ainsi mieux absorber ces sons.
It’s an intimate moment in a room with fiery red walls, or in a bathing area. A woman undresses, slowly removing her embroidered silk kimono, letting it slide down her back. She’s not alone. She suspends her gesture, for behind her she perceives a conversation, murmurs, perhaps a secret is being revealed. She turns her head slightly away to listen. Her eyes are closed, as if this helps her hear better, as if she can absorb these sounds better.

In the Gold * Collection « Entrevoir »
C’est un appel, celui d’un autre monde, d’un autre temps peut-être aussi. Répondre à cet appel, se tourner vers sa source, y découvrir des trésors cachés, de l’or pur, une nature foisonnante, une richesse dissimulée dans ce qu’il y a de plus simple, de plus pur, de plus authentique. Tout autour un monde dans lequel s’immerger, avancer, se fondre. Être a l’intérieur de cet espace nouveau, en faire partie, se laisser recouvrir par ses feuillages, par ses secrets, ses passages, se laisser apprivoiser par sa féérie.
It’s a call from another world, perhaps from another time. To answer this call, to turn towards its source, to discover hidden treasures, pure gold, an abundance of nature, a wealth hidden in the simplest, purest, most authentic things. All around, a world to immerse yourself in, to move forward in, to melt into. Be inside this new space, become part of it, let yourself be covered by its foliage, its secrets, its passages, let yourself be tamed by its enchantment.

Lou * Collection « Entrevoir »
C’est un après-midi, la chaleur alentours est écrasante. Lou s’est endormi à l’ombre des persiennes, sur la terrasse de sa petite maison de bois. Dans un demi-sommeil, elle rêve de forêts, de bords de mer, de fleurs aux couleurs et aux parfums enivrants. Le chant des oiseaux arrive à ces oreilles avec douceur, sans la réveiller tout à fait. Elle se laisse porter par la nonchalance des tropiques, l’apaisement extrême qui infiltre chaque cellule de son corps, chaque centimètre de sa peau. C’est la quintessence suprême de ces journées alanguissantes où tout est précieux et délicat, dans une profonde lenteur du temps qui passe.
It’s a hot afternoon. Lou has fallen asleep in the shade of the shutters, on the terrace of his little wooden house. In a half-sleep, she dreams of forests, seashores and flowers with their intoxicating colors and fragrances. Birdsong reaches her ears softly, without quite waking her. She lets herself be carried away by the nonchalance of the tropics, the extreme soothing that permeates every cell of her body, every inch of her skin. It’s the supreme quintessence of these languorous days, when everything is precious and delicate, in the profound slowness of time passing.


Cosmos (I & II) * Collection « Entrevoir »
Le cosmos, l’univers dans lequel nous baignons, voguons, qui nous porte et nous emporte sans que l’on s’en rende compte, limités que nous sommes a la vision de notre monde. Mais lorsque l’on sait habiter la nuit, que l’on voit briller, scintiller les étoiles, c’est l’immensité qui nous effleure, sa noirceur, sa profondeur, ses mystères. Faire ou laisser faire, être ou laisser être, nous ne sommes que poussières qui flottons dans cet espace infini, en route sur une voie aux milles feux, toutes lumières allumées, en route vers un ailleurs illimité.
The cosmos, the universe in which we swim and sail, which carries us along without our realizing it, limited as we are to the vision of our world. But when we know how to inhabit the night, when we see the stars shining and twinkling, it’s the immensity that touches us, its darkness, its depth, its mysteries. To do or to let do, to be or to let be, we are but dust floating in this infinite space, on our way along a path of a thousand lights, all lights on, on our way to an unlimited elsewhere.

[Peau-Aime] * Collection « Entre Deux »
C’est une plage, en été. Le soleil est au zénith, la chaleur recouvre les corps endoloris par la nage. C’est après un bain de mer, les peaux sont salées, huilées, parfumées, les cheveux humides et soyeux. Le sable est brûlant, l’ombre si rare. Les mots à l’oreille, les murmures délicats, les invitations. Seuls au monde, dans ce monde-là, dans cette bulle. Les sons alentours sont feutrés rendus inaudibles par ce rapprochement, dans cette attente, dans ce temps hors du temps.
It’s a beach in summer. The sun is at its zenith, heat covers bodies sore from swimming. Skin is salty, oily and perfumed, hair damp and silky. The sand is hot, shade so rare. Words in your ear, delicate whispers, invitations. Alone in the world, in this world, in this bubble. The surrounding sounds are muffled, rendered inaudible by this closeness, this waiting, this time out of time.

Le voyage * Collection « Entre Deux »
Deux femmes à la fenêtre, une mère et sa fille, deux sœurs, deux amies. Le train n’est pas encore parti, elles sont penchées, discutent avec quelqu’un que l’on imagine en contrebas. Ce sont des aurevoirs, peut-être au père, au mari. Ou bien est-ce lors d’une halte du train, elles achètent quelque chose à manger à un vendeur sur le quai. Où vont-elles ? Est-ce un long voyage ? Que transportent-elles dans ces lourds sacs en toile de jute ? Des provisions ? Des affaires personnelles ? Elles sont proches l’une de l’autre, tournées vers cet inconnu(e), dans une attente de l’instant d’après, celui du départ.
Two women at the window, a mother and daughter, two sisters, two friends. The train hasn’t left yet; they’re bent over, chatting with someone we can imagine below. They’re saying goodbye, perhaps to their father or husband. Or perhaps they’re at a stop on the train, buying something to eat from a vendor on the platform. Where are they headed? Is it a long journey? What are they carrying in those heavy burlap sacks? Groceries? Personal belongings? They are close to each other, facing this unknown person, waiting for the next moment, the moment of departure.

Contours * Collection « Entre Deux »
Deux corps lovés, un homme, une femme. L’un épouse les contours de l’autre, dans un abandon total, une quiétude, une pleine sérénité. Ce que les corps disent du sentiment amoureux, de cette forme de rondeur dans l‘enlacement d’une hanche, d’une nuque, d’un dos. Comment la simplicité de l’étreinte révèle la douceur du lien, la confiance, deux corps comme un seul. Alentours, dans l’espace environnant de ces amants endormis, vibrations.
Two coiled bodies, one male, one female. One embraces the contours of the other, in total abandon, quietude and serenity. What the bodies say about the feeling of love, about the roundness of the embrace of a hip, a neck, a back. How the simplicity of the embrace reveals the softness of the bond, the trust, two bodies as one. Around them, in the surrounding space of these sleeping lovers, vibrations.

Satori * Collection « Entre Deux »
Atteindre le Satori, une forme d’éveil intérieur, intime, par la reconnexion de nos deux faces, le Yin et le Yang, le masculin et le féminin, un état d’esprit plus aligné avec qui l’on est, une expérience qui dure toute une vie. Se sentir connecté à la part de soi la plus pure, celle qui nous met en joie et dans une extrême quiétude dès qu’on s’y plonge, une délectation de l’âme. Vivre cet état dans nos découvertes, dans nos partages, dans nos rencontres, dans nos explorations, nos créations, nos dépassements, nos émerveillements.
Reaching Satori, a form of inner, intimate awakening, through the reconnection of our two sides, Yin and Yang, masculine and feminine, a state of mind more aligned with who we are, an experience that lasts a lifetime. To feel connected to the purest part of ourselves, the part that brings us joy and extreme tranquility as soon as we immerse ourselves in it, a delight for the soul. To experience this state in our discoveries, in our sharing, in our encounters, in our explorations, our creations, our surpassing, our wonder.

Deux soeurs * Collection « Entre Deux »
Moment de douceur et de calme saisi après le bain entre deux sœurs qui conversent. On peut entendre leurs chuchotements et imaginer le petit coin ou elles se sont isolées pour se faire des confidences, s’épauler dans ce moment de recueillement, de lâcher prise, de détente. Que se racontent-elles ? Leurs histoires ? Leurs attentes ? Leurs désirs ? Leurs espoirs ? On sent tout l’amour sororal dans cette tête délicatement posée sur l’épaule de la plus grande. On imagine qu’elle parle lentement à voix basse, alors que la deuxième écoute avec une grande attention.
A moment of softness and calm captured after the bath between two sisters conversing. We can hear their whispers and imagine the little corner where they’ve isolated themselves to confide in each other, supporting each other in this moment of contemplation, letting go and relaxation. What do they tell each other? Their stories? Their expectations? Their desires? Their hopes? You can feel all the Sororal love in that head resting delicately on the shoulder of the tallest. You can imagine her speaking slowly in a low voice, while the second daughter listens with rapt attention.

Confidences * Collection « Entre Deux »
Deux amies, deux sœurs, assises sur le pas d’une porte, cachée par l’embrasure, ne dévoilant que le bas de leurs lourdes jupes brodées. Elles discutent, en secret, se racontent, chuchotent des histoires de filles, de femmes, d’amantes. On les devine bouche contre oreille, le visage penché l’une vers l’autre. On entend le froissement des tissus, les murmures mais l’on ne saura pas, on ne peut que deviner, imaginer.
Two friends, two sisters, sitting on a doorstep, hidden by the doorway, revealing only the bottoms of their heavy embroidered skirts. They chat, secretly, telling each other, whispering stories of girls, women, lovers. We can make out their mouths against their ears, their faces bent towards each other. We can hear the rustling of fabrics, the murmurs, but we won’t know; we can only guess, imagine.

Souffles * Collection « Entre Deux »
Le souffle de nos existences nous emporte parfois, dans la chaleur, la douceur, ou la froideur de l’adversité, la fragilité de l’instant. Un homme et une femme empoignés, collés, faisant rempart, barrage, indissociables. Rien ne peut les déstabiliser, les déséquilibrer, ni la fournaise de la passion, ni la dureté de l’inconnu. L’un et l’autre emportés mais inébranlables, comme un socle unique, un pilier et un bouclier à la fois, celui d’un amour inconditionnel, celui du temps qui a passé, celui des jours qui s’annoncent, qui cimenteront leur lien. Si humains.
The breath of our lives sometimes carries us away, in the warmth, gentleness or coldness of adversity, the fragility of the moment. A man and a woman gripped, glued together, forming a bulwark, a barrier, inseparable. Nothing can destabilize or unbalance them, neither the furnace of passion nor the harshness of the unknown. One and the other carried away but unshakeable, like a single pedestal, a pillar and a shield at the same time, that of unconditional love, that of time that has passed, that of the days ahead, which will cement their bond. So humans.

Chemins * Collection « Entre Deux »
Nos vies sont faites de chemins qui nous font avancer au gré de nos rencontres. La recherche du lien, créer du lien, comme si vivre était une succession de pelotes de laines que l’on déroule sur notre route, pour y croiser des êtres a qui l’on a envie de tendre la main, que l’on a envie de soutenir parfois, d’attendre toujours. Être là, juste là, à la croisée des sentiers, dans l’inconnu en soi, explorer l’inconnu de l’autre et voir dans ces hasards l’inscription de nos destinées, la couleur de nos émotions.
Our lives are made up of paths that take us forward as we meet new people. The search for connection, creating links, as if life were a succession of balls of yarn that we unwind on our way, to cross paths with people we want to reach out to, to support sometimes, to wait for always. To be there, right there, at the crossroads of paths, in the unknown within ourselves, exploring the unknown of others and seeing in these chances the inscription of our destinies, the color of our emotions.

L’envol * Collection « Entre Deux »
Prendre son envol. Se déprendre des loyautés, des empreintes trop lourdes, comme une nécessité première, un vertige à traverser, pour mieux se trouver, chercher les appuis dans l’inconnu qui s’offre. Pour mieux y cerner les contours de son être, nos propres couleurs teintées d’horizon. Parceque c’est aussi cela vivre la main sur le cœur, son cœur, à l’abri des réponses. Y trouver de la joie. S’appartenir, enfin.
Taking flight. To let go of loyalties and heavy imprints, like a primary necessity, a vertigo to be crossed, the better to find oneself, to seek support in the unknown that offers itself. To better define the contours of our being, our own colors tinged with the horizon. Because that’s what it means to live with one’s hand on one’s heart, one’s heart, sheltered from answers. Finding joy in it. Belonging, at last.

L’Echapée * Collection « Entre Deux »
S’échapper. Prendre la tangente, la diagonale. S’avancer le cœur en avant vers cet au-delà de soi, cet ailleurs, hors de soi, intuitivement propulsé par-delà les routes toutes tracées. Suivre les chemins de traverse, ceux qui nous tirent vers la part la plus précieuse de soi, la plus rougeoyante, la plus vivante. Ceux dont on n’a pas idée, ceux qui nous troublent et nous attirent en même temps. Ceux que l’on sait porteurs d’émerveillement et de mystère mélangés. S’échapper vers les hauteurs, les espaces infinis, les silences des plaines. S’abreuver aux ruisseaux sauvages, se laisser partir.
Escape. Take the tangent, the diagonal. Moving forward, heart forward, towards that beyond oneself, that elsewhere, outside oneself, intuitively propelled beyond the well-trodden paths. To follow the side roads, those that draw us towards the most precious part of ourselves, the most glowing, the most alive. The ones we’re unaware of, the ones that disturb and attract us at the same time. Those we know to be the bearers of a mixture of wonder and mystery. Escape to the heights, the infinite spaces, the silences of the plains. Drink from wild streams, let yourself go.